Peiffer, Jean-Marc (Université Nancy 2)

Le théâtre contemporain est-il cynique ou éthique ?

Toute forme d’art ou d’activité humaine est sous-tendue par une philosophie, même si elle n’est pas explicite. Le théâtre contemporain britannique s’est longtemps inspiré d’une idéologie politique, dont le substrat philosophique était la croyance en une perfectibilité du monde. L’art, en général, et le théâtre en particulier, avait pour mission d’apporter leur contribution à l’amélioration de l’état du monde. Dans les années qui ont suivi la guerre, le théâtre s’est scindé en deux groupes de dramaturges. Un premier groupe, dont le chef de file fut Beckett, s’est détourné des idéologies, en adoptant une philosophie très sceptique sur les capacités de l’homme à réformer le monde. Un autre groupe est resté fidèle, dans une certaine mesure au théâtre dit « politique », à l’instar de John Osborne, suivi par Edward Bond, Arnold Wesker…, même si leur théâtre est plus empreint de dénonciation des maux sociaux que d’une quelconque proposition de réforme sociale. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une troisième phase, déjà signalée par Emmanuel Jacquart, où le théâtre semble être empreint de dérision : celle du théâtre cynique, à l’image de la pièce de Mark Ravenhill, Fucking and Shopping. Notre  époque contemporaine, marquée par l’effondrement de toutes les croyances, du moins au sein des élites intellectuelles, rencontre un problème pour légitimer tout recours à une forme de morale. Ma communication essaiera de déterminer si le théâtre et la philosophie actuels sont encore capables de proposer une visée éthique ou s’ils sont définitivement voués à fournir un reflet cynique de l’état du monde et du comportement humain.

Jean-Marc Peiffer est Maître de conférences en Littératures anglophones au département d’Anglais de l’Université Nancy 2. Après une thèse sur la « fonction psychothérapeutique du théâtre en langue anglaise », il a écrit de nombreux articles sur le théâtre contemporain, notamment « L’étranger chez Pinter : la perspective politique comme levée des ambiguïtés », Revue Coup de Théâtre, n° 21,  RADAC (Groupe de Recherches sur les Arts Dramatiques Anglophones Contemporains), avril 2007 ; « De King Lear à Lear : le royaume perdu », Revue La Licorne, Cahiers Shakespeare en devenir, septembre 2007 ; « L’envers de l’envers du décor dans le théâtre de Barnes, Wesker et Storey », in Théâtre anglophone. De Shakespeare à Sarah Kane : l’envers du décor, éd. de L’Entretemps, coll. « Champ théâtral », 2007… et plus récemment « A propos de la fonction psychothérapeutique du théâtre » in Minority Theatre on the Global Stage, ed. by Madelena Gonzalez and Hélène Laplace-Claverie, Cambridge Scholars Publishing, 2012.

Ce contenu a été publié dans Abstracts, et marqué avec par Flore Garcin-Marrou.

Pour citer cet article : Flore Garcin-Marrou, "Peiffer, Jean-Marc (Université Nancy 2)", Labo LAPS 2014. URL : http://tpp2014.com/peiffer-jean-marc-universite-nancy-2/

A propos de l'auteur : Flore Garcin-Marrou

Flore Garcin-Marrou est docteur en littérature française (Université Paris 4 – Sorbonne). Elle a enseigné les Études théâtrales à la Faculté libre des Sciences humaines de Lille et à l’Université Toulouse Le Mirail. Sa thèse s’intitule "Gilles Deleuze, Félix Guattari : entre théâtre et philosophie". Elle est l’auteur d’articles sur le théâtre au carrefour des sciences humaines. Elle est également metteur en scène de sa compagnie "La Spirale ascensionnelle" et poursuit un travail d’expérimentation théâtrale au sein du Laboratoire des Arts et Philosophies de la Scène (LAPS).